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Malgré le silence des médias, la situation des migrants est loin de s’améliorer sur le littoral. Robert Despré, président de l’Union des A.C.T.E.S. et membre du Conseil de CNEF Solidarité transmets un communiqué de Damien Carême, maire de Grande Synthe (59) :

Contrairement à ce qu’on pourrait penser (les médias ne se manifestant que lorsqu’il y a des « scoops »), le problème de l’accueil et des conditions de vie des migrants en région Hauts de France est loin d’être réglé. Actuellement, entre Calais et Grande Synthe, on dénombre environ 1200 personnes en errance (et peut-être plus) dans les forêts, les rues, terrains vagues…  Dont des femmes et des enfants ».

Ils ont été jusqu’à 800, en plein cœur de l’été. A Grande-Synthe, dans le
Dunkerquois, 550 migrants ont été évacués et mis à l’abri, jeudi dernier (le 6
septembre 2018). Ils étaient regroupés sur un terrain près de l’autoroute A16
et de la gare. Mais ils reviennent déjà, et d’autres arrivent, si bien que
leur nombre ne baisse pas. Il s’agit de Kurdes, qui, pour beaucoup, viennent
d’Allemagne où leur demande d’asile a été rejetée, ou bien directement depuis
l’Italie.

Grande-Synthe/Calais : deux poids, deux mesures
À Grande-Synthe, contrairement à Calais, l’Etat n’apporte aucune aide
humanitaire vitale – eau, toilettes et nourriture – à ces réfugiés. Tout leur
accompagnement est assuré par la ville et les bénévoles des associations.
C’est inéquitable et illégal, dénonce Damien Carême. Le maire écologiste de
Grande-Synthe demande la création, avant l’hiver, de plusieurs petits lieux de
répit sur tout le littoral. Sinon, il agira :

Je suis prêt à tout, parce que j’ai des obligations et que je veux préserver
la population de la ville et ces populations de passage.

L’élu poursuit : « Je prendrai mes responsabilités. S’il faut rouvrir La
Linière, c’est ce que j’ai dit au Premier ministre, je le ferai. C’était une
solution, certes ce n’est pas celle que je préconise, faire un camp n’est pas
une solution, mais on a dû répondre à une urgence humanitaire. Depuis le temps
que le problème se pose, je considère que ce n’est plus une urgence, cela
devrait être une politique de fond mise en œuvre par l’Etat. »

L’autre solution serait de multiplier les mises à l’abri organisées de
migrants, pas seulement quelques grosses opérations, sous pression policière,
comme jeudi dernier. Il faudrait des départs tous les jours, pour Damien
Carême.