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Le bâton

Editorial du 1er janvier 2017

Le serviteur avance d’un pas décidé. Il tient le bâton comme s’il l’avait toujours en en mains, mais aussi pour qu’on le voie. C’est le bâton du prophète. Il a vu ce qu’il était capable de faire avec. Et ça n’a pas l’air bien compliqué.

Il continue son chemin, sûr de sa mission.

Il a bien envie de saluer tout le monde. Ses connaissances, ses amis, ses proches, car il a, comme on dit, un réseau social. Et puis ça leur permettrait de voir qu’il a le bâton. Mais le prophète lui a bien recommandé de ne pas le faire.

Il ne comprend pas bien : un peu de buzz au nom de l’Eternel, ça ne peut faire de mal.

Il arrive sur les lieux. Un enfant est allongé : mort. Une femme est là : désespérée.

Mais il est là, avec le bâton. Il l’applique, il attend. Rien. Ni voix ni signe d’attention.

Et là, Guéhazi, car c’est de lui qu’il s’agit, vous l’avez compris, va faire quelque chose de bien.

Il aurait pu donner toutes sortes d’explication à la maman éplorée : interprétations, théologiques, discours sur la consolation, sur l’acceptation de l’épreuve, foi imparfaite de cette femme… Tout ce qui aurait conduit à la résignation sainte devant cette absence de manifestation de la puissance divine.

Il aurait pu entretenir son image de « l’homme au bâton », en maquillant le véritable résultat de tous ses efforts. Après tout, son nom signifie « vallée de la vision », il pourra toujours faire quelque chose avec ça…

Mais non. Guéhazi ne se résigne pas. Dieu est puissant. Dieu est tout-puissant. Il faut que quelque chose se passe.

Alors il revient en arrière et retourne là d’où il est parti : chez le prophète, Elisée.

Il rapporte ce qui s’est passé : « l’enfant ne s’est pas réveillé »

Et là Elisée intervient. Il fait le chemin, se rend chez la femme.  Il entre dans la chambre, il ferme la porte derrière lui et se couche sur l’enfant mort. Pour l’époque, c’était assez choquant. Elisée n’était pas l’homme des sentier battus.

Le cadavre se réchauffe. Ce n’est pas suffisant : Elisée persévère. Il sort, il rentre. Finalement, l’enfant se met à éternuer et revient miraculeusement à la vie.

Le prophète appelle alors son serviteur. Guéhazi a dû se dire qu’il a bien fait de revenir sur ses pas et de confesser son manque de puissance.

En voyant l’enfant vivant, il certainement compris que ce n’est pas une affaire de bâton.

Nous souhaitons à chacun une excellente année 2017. Notre prière est que l’Eglise aille de l’avant. Même, si elle doit se débarrasser de ses bâtons d’illusion pour faire les demi-tours et les confessions d’impuissance nécessaires.

Puisse l’histoire de ce Guéhazi nous conduire vers la simplicité, l’engagement, la compassion, la prière et la persévérance, à l’instar d’Elisée !

En 2017, nous voulons voir du réchauffement et des éternuements de vie !