(Lire l’article sur le courrier picard)

À partir de septembre, le pasteur évangélique Bruno Rioualec oeuvrera à construire un lieu de culte inédit en France. Le bâtiment servira dans un premier temps à l’hébergement d’un ex-détenu et de sa famille.

Jérôme Gressier partage son temps entre la peine qu’il purge au centre pénitentiaire de Beauvais et sa réinsertion, commencée il y a un mois. En semi-liberté, cet homme travaille avec Bruno Rioualec, pasteur de l’église évangélique l’Assemblée de Dieu (ADD) de Beauvais, qui lui a tendu la main. Chaque jour, Jérôme Gressier bénéficie de quelques heures hors de prison pour effectuer des travaux de rénovation de l’ancienne salle des fêtes catholique située rue Alfred Dancourt, un des lieux de culte de la communauté protestante. Il consacre ses journées au travail que lui a proposé Bruno Rioualec. Une échappatoire faite de labeur. « Je rentre à 18 h 30 et c’est dur car quand on goûte un peu à la liberté, on n’a plus envie de la quitter ».

Jérôme ne cache pas son attachement pour celui qui lui a tendu la main : « Ce qu’il représente pour moi ? C’est simple, j’ai trouvé un ami, fiable, avec le cœur sur la main ». Incarcéré en 2012, il a rencontré Bruno Rioualec un an plus tard, alors que ce dernier était aumônier de prison. Leurs échanges ont permis au pasteur de connaître la personnalité de Jérôme et de lui donner une seconde chance : « J’ai découvert ses compétences et son sérieux, cela m’a convaincu de lui faire confiance ».

Un autre horizon se profile pour Jérôme Gressier : la promesse d’un toit. Depuis six ans, Bruno Rioualec a pour projet de construire un presbytère pour accueillir les pasteurs de passage à Beauvais. Une structure qui pourrait dans un premier temps recevoir le détenu en réinsertion et sa famille. «  Tant que Jérôme en aura besoin, l’endroit sera pour lui et ses proches » explique Bruno Rioualec.

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Le président de l’association Assemblée de Dieu avait acquis la totalité du terrain rue Alfred-Dancourt en 2017, en prévision d’un gros plan de rénovation et de développement du site. « On avait déjà deux parcelles du site, l’évêque m’a proposé de racheter la troisième, donc on s’est un peu serré la ceinture et on a accepté ». Particularité de ce nouveau presbytère, il sera construit avec du carton recyclé suffisamment solide pour garantir un habitat convenable.

Un bâtiment écologique

Le pasteur voulait construire un bâtiment de culte écologique. «  J’ai cherché à avoir l’empreinte carbone la plus faible possible et à réduire les coûts de fonctionnement  », indique-t-il. La rencontre avec le constructeur Bat Ipac, basé en Loire-Atlantique et qui confectionne des installations en carton recyclé, lui a donné la possibilité de réaliser son projet : « On ne paiera que 700 euros par mètre carré, contre 1 000 à 1 200 euros traditionnellement ».

Le presbytère, dont la construction se chiffrera à 50 000 euros, sera bâti sur un espace d’environ 40 m². C’est durant l’été que Bruno Rioualec réfléchira avec l’architecte aux futures pièces. Les premiers travaux débuteront en septembre et dureront jusqu’au printemps 2019.

Jérôme Gressier espère pouvoir rapidement investir les lieux et bénéficier d’un aménagement de peine avec un bracelet électronique : « J’ai un projet de création d’entreprise de chalets modulables, j’espère pouvoir le concrétiser ici dans les prochaines années ». Et vivre dans une maison en carton ne l’effraie pas. «  L’important c’est d’avoir un toit au-dessus de sa tête. L’objectif, c’est une nouvelle vie  ».

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